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Inventaire de la biodiversité des fourmis du Mont Béas

Falaise face sud

par Philippe Annoyer.
Mis à jour le mercredi 6 septembre 2017

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Vue d'une crête du Mont Béas

Introduction

La grande majorité des habitats ont fait l’objet de recherches en écologie. Les forêts, les prairies, les déserts, les toundras, les zones humides et les océans ont été cartographiés ; leurs distributions, leurs structures ainsi que certains aspects de leurs fonctionnement commencent à être connus des écologistes. Paradoxalement, jusqu’à très récemment, les falaises ont été presque complètement négligées en tant que zone d’étude. On notera toutefois certains travaux en Europe sur les communautés végétales ayant portés sur des zones abruptes.

Ce manque d’intérêt scientifique vis à vis des falaises contraste avec la présence très commune des falaises partout dans le monde ainsi que l’attraction qu’elles ont exercé sur l’homme à travers l’histoire. Les falaises sont présentes sur tous les continents et dans pratiquement tous les pays. Les milieux de falaise présentent des caractéristiques particulières qui les différencient nettement du sol. Il va tout d’abord s’agir d’un milieu où la composante verticale a une importance très forte comparativement au sol. De plus ce genre de milieu offre un nombre limité de sites de nidification favorables et les types de ressources alimentaires disponibles doivent fortement différer du sol et sont donc autant de facteurs importants a prendre en considération dans l’étude des falaises. Enfin, les conditions climatiques d’une falaise sont différentes de celles du sol notamment au niveau des températures, de l’humidité ou du vent.

Certaines études ont montrées que les falaises pouvaient être des refuges pour la flore et la faune indigènes (Ellenberg, 1988 ; Wardle, 1991) et servir également d’habitat de base pour une grande variété d’oiseaux et d’autres animaux particulièrement sensibles aux perturbations (Maser). Les fourmis constituent un des éléments les mieux représentés de la faune entomologique et elles jouent un rôle important dans les écosystèmes (Petal, 1978 ; Folgarait, 1998). Au cours des dernières années, bien que l’inventaire des fourmis aient été entrepris dans la plupart des habitats terrestres (forêts, prairies, montagnes, milieu semi-désertique, canopée...) ; à ce jour, aucun travail n’a été publié sur les fourmis présentes sur les falaises.

Objectifs

L’objectif principal de ce projet sera de faire un inventaire de la biodiversité des fourmis rencontrées sur le Mont Béas (Aulus-les Bains, Haute-Garonne) en s’intéressant notamment à un échantillonnage de la falaise. Ce travail consistera tout d’abord à dresser la liste des espèces trouvées sur la zone de falaise et à la comparer à celles obtenues sur deux autres zones contrôles situées elles-aussi sur le Mont Béas. Dans un deuxième temps, nous nous intéresserons au nombre de nids recensés, aux caractéristiques biologiques des espèces rencontrées (taille des ouvrières, de la colonie) ainsi qu’au rôle du couvert du sol sur la richesse spécifique en fourmis et en nid.

Ce travail constituera une première étude d’un milieu qui a été jusqu’à présent peu exploré chez les arthropodes, les zones de falaise.

Matériel et méthodes

Choix des sites à échantillonner

L’ensemble des sites d’échantillonnage sera situé sur le Mont Béas. Trois sites seront privilégiés : une zone de falaise et deux zones situées sur le Mont Béas et servant de zones témoins (Figure 1). L’ensemble de ces sites se situera à une altitude comparable.

Photographie aérienne montrant les sites d’échantillonnage

Méthodes d’échantillonnage

Les points d’échantillonnage se situent tous les 5m sur des transects de 40 m de longueur. La position de chaque point sera repérée au GPS. Pour chaque site, 4 transects seront réalisées (soit 32 points d’échantillonnage par site). Pour la zone de falaise, deux transects, en parallèle et séparés entre eux de 5m, seront réalisés dans la partie "falaise" et deux transects, en parallèle et séparés entre eux de 5m, seront réalisés le long d’une goulotte herbeuse (Figure 2).

Photographie aérienne montrant les transects effectués sur la falaise

Au niveau de chaque point d’échantillonnage, on relèvera sur un quadra de 1m2 les caractéristiques écologiques locales suivantes : le pourcentage de bois mort, le pourcentage de sol nu, le pourcentage de rochers, le pourcentage d’enherbement, le pourcentage de buissons, le pourcentage de litière et la présence ou non d’une canopée au dessus du point d’échantillonnage.

Récolte de fourmis

Le protocole fera appel à une seule méthode d’échantillonnage, l’échantillonnage à vue, cela afin de pouvoir standardiser la méthode d’échantillonnage à l’ensemble des trois sites échantillonnés. L’échantillonnage à vue consistera à ramasser pendant 3 minutes toutes fourmis visibles dans un rayon de 1 mètres autour de chaque point d’échantillonnage, en inspectant le sol et la végétation, en retournant les cailloux (et en explorant/cassant les fentes de rochers) ou en cassant les branches mortes trouvées sur le sol. Les fourmis récoltées seront ensuite placées dans un tube numéroté contenant de l’alcool à 95%. Pour l’échantillonnage des nids, une dizaine d’ouvrières seront prélevées et mises dans un eppendorf. Pour chaque nouveau nid trouvé à l’intérieur des 1m2, un nouvel eppendorf sera utilisé.

Traitement des échantillons au laboratoire

Organisation, traitement et classement des échantillons

L’ensemble des échantillons prélevés (tube en plastique et eppendorfs) à chaque point sera placé à l’intérieur d’un sac en plastique étiqueté.

Identification des espèces

Les spécimens représentatifs de chaque espèce seront examinés pour être identifiés au moins jusqu’au genre à l’aide des clefs d’identification taxonomique des fourmis les plus couramment utilisées (Bernard, 1968 ; Bolton, 1995). Des clefs d’identification des fourmis plus spécifiques à la région étudiée pourront être aussi consultées (Bernard, 1950 ; Collingwood, 1978 ; Espadaler, 1979). La base bibliographique antbase.org maintenue par l’American Museum of Natural History pourra être mise à profit.

Données obtenues

Pour chaque point d’échantillonnage, nous disposerons, en plus des caractéristiques écologiques locales, du nombre d’espèces de fourmis ainsi que du nombre de nids rencontrés.

Bibliographie

Folgarait, P. J. (1998). Ant biodiversity and its relationship to ecosystem functioning : a review. Biodiversity and Conservation, 7, 1221-1244.
Petal, J. 1978. The role of ants in ecosystems. In : Production Ecology of Ants and Termites. (Ed. by Brian, M. V.), pp. 293-325. Cambridge, New York, Melbourne : Cambridge University Press.

Descente de la face Sud-Est du Mont Béas

Abel Bernardou et Philippe Annoyer
Photographies : Jérome Jalbaud et Jean-Noël Herranz



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