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Le lac 1 et les poissons

Contraintes et techniques d’échantillonnage

par Mathieu Sévila.
Mis à jour le mercredi 9 octobre 2013

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Lac 1 vue ouest-est

La pêche

Les contraintes pour inventorier les poissons du lac 1 étaient les suivantes : utiliser des techniques non mortelles pour les poissons et pouvoir s’adapter à toutes les caractéristiques du lac (profondeur, température, encombrement due à la végétation).

J’ai donc choisi d’utiliser les techniques fréquemment utilisées en France pour les captures de sauvetages ou d’inventaires. Comme les filets non maillant de type cennes et la pêche électrique (méthode performante qui assomme les poissons sans les tuer). Pour les filets je me suis tourné vers ma famille de pêcheurs, qui ont mis à ma disposition une cenne de 12 mètres de long pour 2 mètres de haut. Pour les pêches électriques, je me suis tourné ver une entreprise Bordelaise (DreamElectronique), dynamique, enthousiaste et intéressée par le projet, qui fabrique des appareils de plusieurs puissances. Mes contraintes d’encombrement et de poids, nous ont poussées à choisir le « Martin Pêcheur » qui est le plus léger des appareils et donc le plus maniable.

Entrée au sud du lac 1
Didon et le "Martin pêcheur"
Repérage dans le lac 1
En radeau sur le lac 1
Didon dans le lac 1
Mathieu au sud du lac 1
Mathieu à la pêche électrique

Arrivé sur place, la réalité du terrain a vite contrecarré mes plans. Une eau stagnante, non conductrice car très chaude et acide, chargée de nutriments, a rendue inefficace le « Martin pêcheur ». Le fond tapissé de souches et d’arbres morts a rendu impossible les pêches à la cenne, qui nécessite de traîner le filet sur le fond de l’eau. Enfin, la découverte du Faux Gavial d’Afrique (grand crocodile normalement piscivore) sur le lac à inexorablement découragé l’ensemble de mes compagnons (occidentaux et africains) à m’accompagner lors de mes pêches.

Seules ont pu être utilisées les pêches à la ligne (sans ardillons) et plus particulièrement au leurres dans les zones de pleine eau ; puis dans les herbes denses ou les ruisseaux, l’épuisette s’est avérée assez efficace.

Hepsetus microlepis - Lac 1

Le lac et les poissons

Une forêt rivulaire très dense, un accès à la pleine eau d’une centaine de mètres, parsemé « d’herbes à éléphant » très tranchantes, la présence de gros mammifères tel que des buffles, ou du Faux Gavial d’Afrique, ont fait que l’évolution dans ce lac était toujours une aventure. Le fond de l’eau était constitué d’une couche d’une vingtaine de centimètres de vase molle chargée de méthane, elle-même posée sur un sol dur et sablonneux, tapissé de souches et d’arbres morts. L’eau stagnante, très chaude, acide et chargée en nutriments, dans les zones de pleine eau, se transformait en un ruisseau d’eau claire vive et fraîche, le tout noyé dans une impénétrable végétation au niveau du déversoir. Cette diversité de biotopes ont permis à au moins neuf espèces récoltées de poissons, d’évoluer dans ce lac si isolé. Parmi ces poissons, on trouve de très nombreux Hepsetus microlepis (ou Brochet africain), ou bien l’étrange poisson papillon Pantodon sp. Une importante différence a pu être constatée dans la répartition des espèces sur le lac, certaines peuplant la pleine eau chaude et ensoleillée, d’autres préférant la fraîcheur du couvert végétal du déversoir. Cependant, tous sont tournés vers la surface pour leur repas quotidien, attendant que de la myriade d’insectes peuplant cette forêt, un d’eux tombe à leur portée.

Pantodon sp. lac 1 nuit Pantodon sp., lac 1, nuit

Un spécimen d’Hepsetus microlepis a intégré les collections du Musée Royal d’Afrique Centrale, Tervuren, Belgique. Les identifications sont en cours.

Photographies : Mathieu Sévila, Samuel Danflous, Philippe Annoyer.



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